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| Le président | 24/08/2010 |
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| Courrier du médecin vaudois 2010-4 | |||||||||
Le rapport économique direct entre le médecin-dentiste et son patient a un effet positif et responsabilisant. Ce modèle, promu par la Société suisse des médecins-dentistes SSO, a fait ses preuves. Le patient est codécideurChaque habitant de notre pays consacre, en moyenne, environ Fr. 35.– par mois à sa santé buccodentaire. Dans notre canton, ces frais représentent 13% des coûts ambulatoires (réf.1) et en principe le patient les assume lui-même. En effet, seuls 10 à 15% des coûts échoient aux assurances sociales (LAMal, LAA, AI, AM, prestations complémentaires (réf.2 et 3) et dans la majorité des cas, l’interaction entre le patient et le médecin s’inscrit dans un régime hors assurance obligatoire. Ce fait voulu par le législateur repose sur le «caractère évitable de la plupart des affections buccodentaires» (même si la réalité est plus complexe), et ne prévoit une prise en charge que des atteintes «graves et non évitables». Quant aux assurances complémentaires privées, elles ne convainquent guère (hormis pour les enfants).Un rapport économique directL’effet extraordinairement responsabilisant d’une telle situation saute aux yeux: le patient est responsable de sa santé buccodentaire et a un intérêt concret à en prendre soin. D’autre part, il lui est aussi conféré un poids particulier dans son rapport au soignant, en l’occurrence le médecin-dentiste: il est véritablement codécideur! Certes cette «prise de pouvoir» («empowerment») n’est plus l’apanage d’un «régime hors assurance», mais il faut relever que l’aspect apparemment trivial du rapport économique direct a marqué durablement et positivement cette relation thérapeutique.Et pour le soignant, qu’implique donc cette interaction? D’une part une plus grande liberté dans la mesure où aucun tiers n’interfère, en particulier quant à l’indication et au choix des traitements, et d’autre part une responsabilité alourdie. Celle de tenir compte de la situation économique du patient lors de l’établissement, avec lui, des plans de traitement et obligation déontologique de lui fournir les moyens (informations, prophylaxie, etc.) de maintenir sa santé. Implicitement un contrat se conclut: le patient est responsable de sa santé, son soignant est responsable de lui fournir les compétences de l’assumer. L’interaction économique est contraignante pour tousCe modèle a largement fait ses preuves. L’état de santé buccodentaire en Suisse est l’un des meilleurs du monde, et pour un coût raisonnable (réf.4). Une étude comparative a désigné les Suisses «champions du monde du brossage des dents» (!) et cela ne doit rien au hasard.«Les Suisses sont les champions du monde du brossage des dents!»Bien entendu ce cadre n’est pas applicable tel quel à la médecine humaine en général, notam¬ment eu égard aux coûts par pathologie et à la causalité comportement-maladie moins patente, même si les idées tendant à concerner financièrement les patients émergent régulièrement. Cependant, on relèvera que même dans ce régime avec assurance les patients assument eux-mêmes beaucoup de frais, du fait des franchises et quote-parts, sans pour autant avoir voix au chapitre.Notre expérience montre que l’interaction économique avec nos patients est contraignante et exigeante mais qu’elle est responsabilisante pour les deux parties. Elle est constitutive du modèle médico-dentaire helvétique, efficient et éprouvé, fermement promu par la SSO. Afin de garantir à tous l’accès aux soins, ce modèle est augmenté de divers dispositifs solidaires et il engage la responsabilité sociale et éthique des médecins-dentistes-SSO. |
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![]() Références 1) Panorama du système de soins et état de santé des Vaudois. SCRIS. Mars 2010. 2) LAMal art. 31, OPAS17-19(01.01.2003) Jaeger P. LAMal: les prestations médico-dentaires intéressent aussi les médecins, Rev. Méd. suisse romande, 118, 77-79, 1998. 3) www.sso.ch >assurances. 4) Zitzman NU et coll, Changes in Oral Health over a 10-yr period in Switzerland Eur J Oral Sci2008; 116, 52-59. |
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